Le Français qui s’achète une voiture neuve est de plus en plus âgé

Les constructeurs devront sûrement être en train de repenser aux stratégies qu’ils mettent en œuvre pour attirer les plus jeunes. En effet, selon les résultats d’une récente enquête, l’âge moyen français pour l’achat d’une voiture neuve est de 55,3 ans.

La palme de « grand âge » pour Citroën


Il y a encore 10 ans, cette moyenne nationale n’atteignait même pas les 50 ans, 49,7 ans pour être plus précis. Au début des années 1990, elle était même de 43,7 ans. Mais voilà, les Français semblent attendre l’approche de l’âge de leur retraite pour s’acheter une voiture neuve. Comment expliquer ce phénomène ? Le vieillissement de l’acheteur français de voiture neuve n’est pas lié à celui de la population. La raison ? 20% des Français ont entre 18 et 35 ans. Pourtant, les moins de 35 ans ne représentent que 13% des acheteurs de nouvelles automobiles dans le pays, dont 8% pour les 26 à 35 ans.

La majeure partie des ventes accomplies auprès des plus jeunes ne sont pas issues d’une marque française. La moyenne d’âge des acheteurs des véhicules français dépasse en effet la moyenne nationale. Elle est ainsi de 60 ans chez Citroën, champion de la catégorie. La marque au chevron est suivie directement par Peugeot et ses 58 ans, de Renault et ses 56 ans et de la marque low-cost Dacia et ses 60 ans. Deux marques se démarquent pour s’être trouvées en deçà de 50 ans : Seat et Mini.

 

Le rôle de la conjoncture insuffisant pour tout expliquer


L’hypothèse démographique est irrecevable, il faut tenter de trouver une autre explication. Certains concessionnaires évoquent l’augmentation du prix moyen des véhicules neufs à l’achat, estimée à hauteur de 22% depuis 2006. A cette explication s’ajoutent plus ou moins fréquemment celles de la baisse du pouvoir d’achat des plus jeunes. Mais la conjoncture ne constitue pas la totalité des pièces du puzzle.

Pour être direct, les jeunes sont de moins en moins emballés à l’idée de s’acheter une voiture. Cette dernière est en effet, pour la plupart d’entre eux, synonyme de série de contraintes financières et de circulation. Et car il existe des nouveaux alternatifs de mobilité comme Autolib, certains se disent qu’il n’est plus nécessaire de s’acheter un véhicule pour pouvoir se déplacer en ville. Cela constitue par ailleurs un moyen de contribuer à la réduction d’émissions de CO2 liées au parc automobile. Cette dernière hypothèse a été fournie par Jean Pierre Corniou, directeur adjoint du cabinet de conseil Sia Partners, véritable connaisseur du marché automobile.

Les constructeurs automobiles, eux, semblent être déconnectés de la réalité. Leurs discours n’ont pas encore changé malgré l’émergence du covoiturage et les autres modes de mobilité. Dans leurs publicités, ils continuent de parler de la praticité de leurs produits. Un argument qui attire de moins en moins de jeunes.

 

Fracture générationnelle


C’est le terme employé par Le Figaro pour qualifier ce phénomène, une fracture qui n’est plus prête de s’arranger. La raison ? Les jeunes ne veulent plus, pour la plupart, s’investir dans un véhicule qui nécessitera, dans quelques mois, un changement total de son appareillage numérique. Pourtant, la majorité des voitures neuves proposées sur le marché sont encore dotées d’un ordinateur de bord inamovible, au lieu et à la place du mobile et des applications GPSn demandés par les jeunes. Et les constructeurs ne sont pas encore prêts à fléchir. Comment, pour eux, changer un système qui marche auprès des entreprises et des loueurs professionnels. La rupture définitive est donc de plus en plus proche entre l’industrie automobile et les jeunes Français.