Audi RS3 et Porsche Cayman GT4 : le face-à-face

Audi a (re)fait parler de lui dans le segment des Berlines en lançant récemment sa RS3 de 367 chevaux. Nous nous sommes demandé qui serait la meilleure concurrence de ce véhicule. La réponse la plus logique devrait être la A45 AMG.

Mais puisque nous sommes des adeptes de duels piquants, nous avons choisi un face-à-face de l’allemande avec le coupé sportif Cayman GT4 de 385 chevaux.
 

Plaisir de conduite garantie


Le style et les éléments sont différents. Les deux challengers ont cependant quelque chose en commun : la promesse d’un maximum de plaisir de conduite à leurs utilisateurs. Commençons la présentation par la Cayman GT4, une véritable innovation de la firme de Zuffenhausen. Celle-ci dissimule sous sa carrosserie un moteur Flat-6 dégonflé de 385, que l’on a déjà pu admirer avec la 911 Carrera S. On y retrouve aussi le train avant et les amortisseurs arrière de la 911 GT3 et le les sièges de la 918 Spyder. La Cayman constitue donc un mélange des autres sportives du constructeur.

La transformation s’est faite plutôt à la manière d’un super-héros avec la RS3 pour Audi. Celle-ci est devenue en effet un monstre routier, et fait ainsi oublier qu’elle est affiliée à l’A3 Sportback. Elle ne pourra jamais décevoir les inconditionnels de belles mécaniques en rejetant toute tentative de downsizing. En plus d’avoir conservé le 5-cylindres turbo, elle a gagné 27 nouveaux chevaux par rapport à l’ancienne génération.

Côté facture, sans surprise, comme ça l’a toujours été chez Porsche, la Cayman GT4 est plus coûteuse que la berline d’Audi. Ce qui ne devrait pas par ailleurs surprendre pour un coupé sportif. La valeur de la voiture est de 88 310 euros. Il faut être prêt à débourser 113 204 euros pour avoir le pack Clubsport et ses freins PCCB, son pack port Chrono, son interface Multimédia PCM, ses baquets et extincteur et son arceau.

Par contre, pour avoir la RS3, le moins exclusif de ces deux challengers, un budget de départ est moins élevé. Le prix de vente de l'Audi R3 est de 56 900 euros. Cette somme permet de profiter d’une dotation de série très riche que l’on peut d’ailleurs compléter par d’autres options intéressantes pour une conduite privée. Parmi celles-ci, on peut notamment citer la suspension pilotée Magnetic Ride de 1190 euros et l’échappement sport de 1030 euros.

 

Sportivité et Civilité s’opposent dans l’habitacle


Chaque challenger a opté pour un style différent pour l’habitacle. La Cayman GT4 ne cache pas sa vocation, avec notamment ses baquets, arceau et extincteur, sans parler de sa conduire à ras le sol, les jambes allongées. Porsche a préféré donc jouer la carte de la transparence. Les personnes qui ne rêvent pas d’un petit tour en circuit devront ainsi éviter ce véhicule.

De son côté, Audi a préféré miser sur la civilité lors de la conception de l’habitacle de sa RS3. Là encore, la volonté de rompre avec l’A3 est établie, via notamment le choix d’un volant à méplat en Alcantara, de surpiqûres rouges et d’éléments en carbone. Les semi-baquets permettant de bénéficier d’un bon maintien méritent également d’être soulignés. Ils n’offrent cependant pas tous les avantages de leurs semblables trouvés dans l’habitacle du GT4.

La RS3 a cependant de quoi faire rougir son adversaire de chez Porsche : ses places arrière et le volume de son coffre. Il est cependant important de le souligner, malgré un sens d’accueil similaire à celui de l’A3 Sportback, la berline n’offre pas le même volume. Ses 280 litres suffisent et ses places arrière suffisent cependant à faire fléchir le GT4. N’oublions pas tout de même que ce dernier dispose de deux malles ayant au total un volume de 425 litres.

 

Pas de downsizing avec les motorisations


Le downsizing est tentant, mais les deux constructeurs ont su y résister. On ne devra donc pas s’attendre à un 4-cylindres surgavé sous le capot des deux challengers. Le Cayman GT4 de Porsche est actionné par un Flat-6 atmosphérique, face à une Audi RS3 qui se « contente » d’un 5-cylindres turbo.

Le bloc alimentant le GT4 n’est pas étranger aux personnes qui ont eu l’occasion de vérifier ce qui se trouve sous le capot de la Carrera S. 15 chevaux étaient cependant sacrifiés pour qu’il puisse intégrer le coupé sportif. Les 385 chevaux restants suffisent cependant pour séduire les personnes en quête de sensation forte. Celles-ci ne peuvent par ailleurs que se réjouir à partir de 5.000 tr/min grâce à un GT4 explosif et rageur et ses bruits envoûtants. La plupart des utilisateurs de ce sportif n’hésiteront sûrement pas à le conduire à un rapport en moins, pour frôler sa zone sensible.

La RS3 ne s’est pas montrée à la hauteur de nos attentes dans cette épreuve. Nous n’avons notamment pas apprécié le fait qu’il favorise l’effet coup de pied aux fesses, un effet dû notamment à son turbo. Le tableau n’était cependant pas totalement sombre. Nous étions agréablement surpris de l’allonge et de la musicalité du 5-cylindres, un bloc qui n’est pas prêt à céder jusqu’à 6.500 tr/min. Grâce à l’obtention de 27 chevaux supplémentaires toutefois, l’Audi RS reste légèrement meilleur en termes de passage de 0 à 100 km/h. Ceci est en effet de 4,3 secondes, contre 4,4 secondes pour le sportif de Porsche. Ce dernier reprend, par contre, le devant au niveau de la vitesse de pointe : 295 kl/h sur la fiche technique contre 280 km/h. L’embarras du choix est au rendez-vous si l’on ne considère que les performances des motorisations.

 

Et le comportement routier ?


Poursuivons le duel avec l’épreuve intitulée « répartition des masses ». Celle-ci devra être remportée sans conteste par le Cayman GT4 de Porsche. Les 1 340 kg du sportif coupé sont en effet réparti d’une manière égale entre l’avant et l’arrière. Ce qui n’est pas de la RS3 de l’Audi qui laisse son museau supporter les 60 % de ses 1 520 kg. Les expériences de conduites ne devront donc pas être les même sur les deux challengers. Les différences sont même bien flagrantes avec un champ d’action étendu à la piste.

Le nom du gagnant sur piste est… Cayman GT4, en termes de conduite. Celui-ci base notamment sa réussite dans cet environnement sur des réglages parfaits. Le régal est au rendez-vous grâce à la bonne consistance de la direction, au débattement court de la boîte manuelle à 6 rapports et aux vertus de l’amortissement piloté. Pour en profiter, un freinage très fort, le volant droit, est recommandé pour l’inscription du museau dans la courbe. Après un redressement des roues, on peut appuyer tout aussi fortement sur l’accélérateur. Le survirage n’est pas à craindre grâce aux options offertes par le mode Sport et au talon-pointe automatique.

En plus de sa masse mal répartie, la RS3 est plus haute sur les pattes. Ce qui ne lui permet pas de fournir des sensations similaires à celles offertes par le Cayman GT4 sur Piste. Ses utilisateurs peuvent d’ailleurs faire adieu à leur prétention de glisse à cause d’une efficacité (trop) élevée du système Quattro. Ce défaut est cependant compensé plus ou moins par le mordant du train avant qui se charge de l’inscription dans la courbe. Enrouler les virages se fait par ailleurs mieux grâce aux nouveautés du Haldex.

À l’épreuve de la prise en main, la palme a été attribuée à la RS3, une réussite que l’on doit surtout à sa boîte double –embrayage à 7 rapports ultra douce et réactive. Le GT4 se contente de la place restante, nécessitant une finesse de conduite et pouvant entraîner l’inertie du mauvais rapport si l’on ne préserver pas le bon régime. Mais encore faut-il le dire, si l’on cherche quelque chose d’émotionnel, ce coupé sportif constituera la meilleure option entre ces deux challengers.

Verdict, le GT4 est surtout adressé aux puristes. Il convient en effet aux pistes. C’est donc un excellent « compagnon » de week-end. L’Audi RS3, lui, est destiné aux personnes à la recherche d’une berline qui est capable de jouer les trouble-fêtes dans les circuits, en plus d’être utilisable au quotidien.