Inquiétude sur l’avenir d’Audi Bruxelles

Le seul contrat d’Audi Bruxelles, relatif à la production de l’A1, arrive à son terme. Et il ne se renouvèlera pas, car la firme allemande prévoit de délocaliser cette tâche en Espagne. Les travailleurs du site belge sont ainsi pris de peur.

Les dirigeants du pays n’y sont pas indifférents et font du lobbying pour éviter que cette délocalisation se réalise.
 

Les constucteurs auto délaissent la Belgique


Aussi surprenant que cela puisse paraitre, la Belgique a été l’un des pays les plus choisis par les industriels automobiles souhaitant délocaliser leur production en 1995. Cette année, le ratio de production de véhicule par habitant a été de 128 pour 1000. Il était le meilleur à l’époque, car au Japon, en France et en Allemagne, on a produit respectivement 82 voitures pour 1000 habitants, 60 pour 1000 et 57 pour 1000. Et le comble, 97,5% de la production belge étaient destinés à l’exportation. Mais cette époque est bien révolue. L’abandon progressif du royaume a commencé en 1997, année où Renault a décidé de fermer son usine de Vilvoorde. Cette initiative a entraîné 3 100 pertes d’emplois. Elle n’était cependant pas la pire qu’ont connue les Belges. En 2014, la fermeture de l’usine Ford de Genk a été à l’origine d’une suppression de 4000 emplois directs.

Et maintenant, Audi projette de quitter le pays, après la fin du contrat de la production de l’Audi A1. Ce fait risque de froisser l’opinion publique. Pour éviter d’éventuels débordements, les pouvoirs publics ont décidé de réagir et de sur-réagir. L’objectif pour eux est d’éviter une nième fermeture d’usine automobile dans un pays où il n’existe que deux grands sites automobiles : celui d’Audi à Bruxelles et celui de Volvo à Gand. Le moyen d’y parvenir ? Le lobbying fiscal. La raison est simple. Une délocalisation est une manière pour une entreprise de baisser son coût de production. Les pouvoirs publics locaux semblent ainsi s’apprêter à réduire les impôts pour inciter l’entreprise allemande à rester.

 

Retenir Audi


En cas de retrait d’Audi, il y aura 2700 chômeurs de plus en Belgique en 2018. Les grandes régions belges et le gouvernement fédéral veulent éviter ce désastre. Donc les premières ont déjà établi, selon des sources locales, un plan de soutien d’une valeur de 30 millions d’euros. Le gouvernement fédéral, de son côté, prévoit de miser 100 millions d’euros sur les mesures « Tax Shift » incluant la réduction des cotisations patronales et le saut d’index. Ce dernier ne fait cependant pas l’unanimité parmi les travailleurs belges, les empêchant de bénéficier d’une augmentation automatique de salaire sur un an dans les périodes de hausse du coût de vie. Le gouvernement fédéral n’a pas d’autres choix que d’appliquer de telles mesures pour convaincre le constructeur allemand de rester.

Ces dispositifs pouvant ne pas suffire, les pouvoirs publics belges prévoient d’autres mesures particulières, parmi lesquelles notamment le crédit d’impôt sur la recherche, sur les investissements « hautement technologies » et la déductibilité des revenus des brevets. Est-ce suffisant pour empêcher Audi d’abandonner le site de Bruxelles? On aura sûrement la réponse au plus tard dans les semaines à venir.