Zoom sur la nouvelle Audi A4

Audi a vu les critiques, augmenter à son égard depuis le début du scandale du diesel truqué de sa maison-mère Volkswagen. Cela ne l’empêche cependant pas de poursuivre la réalisation de son programme de l’année, d’où la récente apparition sur le marché de la nouvelle Audi A4.

Cette dernière ressemble de plus en plus à un véhicule haut de gamme et pourrait même séduire les personnes intéressées par l’A8. Un essai récent nous a permis d’en connaître plus sur elle.
 

Un modèle qui ne devrait pas être touché par le scandale


Pas question de changer son programme pour la marque à l’anneau. Malgré l’affaire des moteurs truqués de Volkswagen, cette dernière a fait preuve de fidélité à son calendrier. Elle vient en effet de mettre sur le marché la nouvelle Audi A4 et s’apprête à faire le même avec d’autres nouveautés. Pourtant, elle n’est pas totalement épargnée de cette affaire. Rappelons que depuis quelques semaines, il y a eu une révélation selon laquelle des milliers de véhicules Audi vendus en Allemagne et en Espagne peuvent avoir intégré le logiciel de truquage de moteurs diesel.

Celle-ci a, certes, terni l’image de l’anneau, mais ne devrait pas constituer un frein à l’adoption de la nouvelle familiale. Les médias feront sûrement ce qu’ils ont l’habitude de faire avec l’Audi A4 nouvelle génération : créer des doutes et des controverses. Il faut cependant le préciser, la responsabilité du constructeur à l’anneau dans cette affaire de moteurs truqués n’est pas encore établie. Et même si elle l’est, les modèles récents devront être épargnés de toute suspicion. Par ailleurs, sous le capot de la nouvelle Audi 4, on trouve un bloc homologué Euro 6. Pour rappel, la supercherie à la source du scandale est liée au diesel Euro 5. Le nouveau véhicule n’est pas donc, il faut directement le dire, concerné par cette affaire et part ainsi d’une page blanche. Et il a de quoi satisfaire les clients les plus exigeants.

 

Les changements


Ils concernent en premier lieu la longueur, la largeur et le poids. Le véhicule est doté d’un nouveau châssis agençant les moteurs en long. Il peut ainsi facilement accueillir une large variante de moteurs et un système Quattro sous son capot. L’ancien système semble pourtant avoir marché. Le modèle représente en effet la plus importante vente d’une Audi, même si en France, on est habitué à se tourner, en particulier, vers les petits modèles. La taille de la précédente génération ne permet cependant pas au modèle d’avoir un attrait pour les personnes à la recherche d’espace pour une utilisation familiale, sans avoir à se tourner vers une camionnette.

Ce constat a directement poussé Audi à concevoir un successeur plus généreux, qui pourrait ne pas faire le bonheur des inconditionnels de véhicules légers. Il faut en effet le reconnaître, la nouvelle Audi A4 pèse 110 kilos de plus que l’ancien modèle. Mais ce gain record de poids ne devra pas intégralement être imputé à la révision à la hausse des dimensions. Il a aussi comme facteur l’intégration du mini-moteur 1.4 TFSI de 150 chevaux. Après, on pourra parler de la « légère » progression des côtes , de l’imposante calandre aux lignes tendues. Mais tous ces changements ne font que rehausser le standing de la voiture familiale et pourront créer, dans la tête des observateurs, une assimilation avec un véhicule de segment supérieur. L’A8 pourrait voir son attrait diminuer même auprès des membres les plus fidèles de sa clientèle. A noter par ailleurs que l’on peut retrouver la majeure partie de ses équipements sur la nouvelle Audi A4.

La longueur de 4,72 mètres et les moteurs allant de 4 à 6 cylindres du nouveau porte-étendard du constructeur allemand lui permettent de se fondre parmi les plus performants et les plus remarquables de sa gamme. La nouvelle génération de l’Audi A4 gagne, sur papier, 25% de puissance par rapport à son prédécesseur, mais elle voit ses consommations moyennes réduites de 21%. Ces informations sont-elles conformes à la réalité ? Pour y répondre, il faut choisir entre la TDI 150 Ultra, la 2.0 TFSI essence 190 ch S Tronic ou 252 ch, la 2.0 TDi 150 ou 190 ch et le V6 de 218 ou 272 chevaux, avec la possibilité de profiter d’une évolution Quattro pour les plus musclées. Les plus environnementalistes devront directement se tourner vers la TDi 150 Ultra. Cette dernière n’émet en effet que 95g de CO2 au kilomètre. Ce n’est cependant pas la version la plus performante. En termes de performance, il n’y a d’autres choix que le V6 de 272 chevaux.

 

L’habitacle


Employer le terme « révolution » ne sera pas convenable pour évoquer ce point. On peut cependant se dire que l’on se trouve en terrain connu à l’intérieur de la nouvelle A4. Les principaux concurrents, bien qu’ils fassent tout ce qui est en leur possession pour se distinguer, accusent encore du (petit) retard sur ce point. A première vue, toutes les nouveautés du segment semblent se trouver au même niveau, mais la dernière génération du véhicule familial d’Audi ne pourra que satisfaire les clients très exigeants quand il s’agit des présentations et du choix des matériaux.

Mais quels sont les éléments qui permettent à l’Audi A4 de se trouver à un niveau supérieur de celui de ses ennemis en termes d’habitacle. Ils sont au nombre de deux. En premier lieu, le Virtual Cockpit qui donne plusieurs possibilités de configuration du tableau de bord, il se distingue par sa visibilité exceptionnelle. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, la carte GPS pourra être apposée entre les compteurs lorsque l’on utilise l’écran central pour autre chose. Le second élément n’est autre que la déferlante des équipements haut de gamme reprise sur la Q7 et que l’agencement pourra être fait à la manière d’une A8. Une autre manière de créer l’amalgame entre les deux modèles.

En supplément pour la plupart, les fonctions suivantes, entre autres, devront accroître l’attrait de l’Audi A4 auprès des personnes en quête de nouveauté à l’intérieur d’une voiture : la conduite semi-automatisée dans les embouteillages qui pourra atteindre les 65 km/h, l’aide à la vision latérale à 90° pour une marche arrière et la conduite prédictive. Comme son nom l’indique, cette dernière sert à s'informer sur l’itinéraire idéal et l’allure à adopter, en fonction des aléas de la circulation et des parcours. De quoi permettre aux fans de la marque de profiter d’un avant-goût sur la conduite robotisée.

Le conducteur n’est pas le seul privilégié par Audi avec cette nouvelle version de l’A4. A l’arrière, on peut aussi jouir des tablettes amovibles et des Smartphones assortis de connectivités Wifi. Mais combien faut-il dépenser pour mettre la main sur ce véhicule. La version de base, elle, coûte 30 850 euros. Mais pour avoir le V6 3.0 TDI de 272 ch, version Design Luxe, dotées du système Quattro et d'une transmission automatique à 8 rapports, il faut disposer d’un budget d’au moins 58 300 euros. Si l’on y ajoute les diverses options, le prix moyen de 42 500 de 2014 de la précédente A4 pourra facilement être dépassé. L’objectif avec la nouvelle génération est, selon des sources proches de la marque, d’améliorer la vente auprès des particuliers. Ces derniers ne représentent en effet que 24% des ventes du modèle contre 65% pour les entreprises et 11% pour les loueurs.

 

Des puissances élevées qui ne fournissent pas de sensations fortes


Quelle motorisation choisir pour la nouvelle Audi A4 ? L’embarras est au rendez-vous au moment de faire l’achat, la marque ayant opté pour un déploiement d’un éventail de motorisations diesel et essence. Mais il faut directement l’avouer, l’inexistence d’évolutions sportives S et RS ne permet pas d’espérer de fortes sensations avec la voiture familiale. Nous avons pu tester la motorisation essence de 252 chevaux et la version diesel 190 chevaux. La puissance était au rendez-vous, mais pas les sensations escomptées. Peut-être préoccupé par l’affaire qui éclabousse sa maison-mère, Audi a préféré miser plus sur l’assainissement, au grand dam des pères de famille les moins érudits. C’est toujours sur ce point que la marque est « mangée » par sa rivale BMW. Cette dernière n’a pas peur de montrer ses griffes quand il le faut. Nous avons décidé de nous forcer pour atteindre l’univers que nous souhaitons rejoindre, mais avons constaté que nos interventions sont devenues de plus en plus lisses. La faute aux assistantes et aux autres automatismes. Mais les conducteurs habitués à rouler sur une vitesse soutenue n’y verront pas d’inconvénients. Les autres, eux, pourront encore s’agacer en ressentant le sous-virage, un problème lié notamment aux pneus Hankook.

Avec le diesel de 190 chevaux, à notre surprise générale, les sensations sont légèrement plus élevées. Est-ce la rafale des sept rapports de boîte ? En grande partie sûrement. Difficile par ailleurs de savoir où l’on se trouve si l’on s’aventure à l’utilisation des palettes de sélection manuelles. Mais rapidement, nous nous sommes rendu compte qu’Audi s’est préoccupée surtout de la question confort, oubliant qu’un contrôle en permanence de la totalité des mouvements d’un véhicule et du sous-virage en deux roues motrices constitue également un important critère de choix pour les utilisateurs. De son côté, grâce à la grande disponibilité de son couple, les 252 chevaux ne pourront que satisfaire les conducteurs dont les principaux critères de choix sont la puissance et les performances.