Infiniti Q30 : une jumelle de la Classe A ?

Premier élément de réponse : Infiniti a repris la base de la Classe A de Mercedes pour développer ce véhicule. Cela ne veut pour autant pas dire que tout est pareil entre les deux compacts. La Japonaise est même supérieure à l’allemande sur plusieurs points.

Un choix plutôt économique


Beaucoup étaient perplexes à l’annonce par Infiniti de l’utilisation de la plateforme de la Mercedes Classe A pour la conception de la Q30. Certes, on sait que des accords techniques étaient signés entre Daimler et Renault-Nissan, mais on ne pensait pas vraiment que le développement de la compacte haut-de-gamme aurait nécessité la reprise de la base de l’allemande. Deux raisons peuvent expliquer cette vague de scepticisme : les tests de la Classe A n’étaient pas totalement convaincants et l’Alliance Renault Nissan est propriétaire d’une plateforme qui aurait pu, elle aussi, développer la nouvelle Infiniti.

On a pu cependant mieux comprendre ce choix au cours d’une récente intervention du directeur stratégie produit pour l’Europe de la marque japonaise. Celui a fait savoir qu’après de « nombreuses discussions en amont », l’équipe a décidé de reprendre la base de la Classe A. La principale raison serait l’accès à « des motorisations et une architecture complète, faisceau électrique et équipements de technologie compris », un avantage que la marque n’aurait pas su profiter en se contentant de la plateforme CMF. Le haut responsable européen d’Infiniti a par ailleurs souligné que passer par cette dernière nécessiterait plus de temps… et de l’argent aussi.

La véritable origine de ce choix devrait être le manque de temps. Malgré 8 ans de débarquement sur le sol européen, Infino n’y a puisé que 10% de ses clients. Il lui faut donc pour accroître son positionnement sur ce marché un modèle correspondant aux réelles attentes des personnes qui s’y trouvent, la Q30.

 

L’intérieur et l’extérieur de la voiture


Les vrais connaisseurs des produits Mercedes, notamment la Classe A, n’auront pas du mal à établir l’affiliation. De nombreux éléments sont en effet repris de la compacte de la marque à l’étoile. La plupart se trouvent notamment à l’intérieur. Tel est le cas de la partie inférieure de la planche de bord, des sièges de la version Sport, des contreportes, de l’instrumentation et du système de climatisation. En y ajoutant le graphisme et les arborescences de l’ordinateur, on pourra immédiatement se dire que la marque japonaise a eu, comme mot d’ordre, lors du développement du véhicule, « économie ».

Infini a su cependant rompre le « lien de parenté » sur d’autres points. Notons surtout que l’apparence n’a rien à voir avec la demi-sœur de Stuttgart. La Q30 se distingue de cette dernière par un style aux volumes surprenants. L’enchaînement phare-calendre fait, certes, penser, en quelque sorte, à un Mazda, mais à part ce détail, l’apparence ne rappelle à aucun compact haut de gamme existant sur le marché.

En revenant à l’intérieur, bien qu’il y ait emprunt massif de pièces d’origine Mercedes, Infiniti a su apposer sa propre signature, en adoptant un style original dans la partie supérieure, en harmonie avec l’extérieur. On ne peut donc pas vraiment qualifier le véhicule de jumeau de la Classe A. Et fait surprenant, l’emprunteur est plus charmant que le prêteur. La finition est en effet bien meilleure que celle de la demi-sœur rivale de chez Mercedes, avec un grand nombre de super-piqûres et des chromes satinés d’une manière astucieuse. Les reproches dans l’habitacle ne manquent toutefois pas, mais ils sont tous partagés avec la Classe A, en ne citant que le couvercle de boîte à gants moyennement jointif et les encadrements de portes en tôle nue.

 

Comportement routier


Face au volant, on ne pourra vraiment pas penser qu’il y a une affiliation avec la Classe A. Les travers de cette dernière n’ont pas en effet repris, laissant sa place à un réglage bien plus linéaire et communicatif. Pour fournir un maximum de confort aux utilisateurs, un tarage plus souple a été choisi pour la suspension. Cela n’empêche cependant pas à l’Infiniti Q30 d’être précis dans les virages. On ne peut toutefois pas éviter les louvoiements sur les bosses, mais ceux-ci sont trop légers pour compromettre la trajectoire. Neutralité, sécurité et agilité sont, en bref, les plus grandes qualités du compact haut de gamme d’Ininiti Q30 en termes de comportement routier.

Il faut souligner qu’en fonction du poids de véhicule, un tarage différent est proposé. Ce qui fait que les comportements sont les mêmes entre toutes les versions. Nous ne pourrons cependant pas faire l’apologie du châssis sport qui porte atteinte au confort et à l’agilité. Cet élément nécessite, en plus, de monter les pneus à roulage à plat face à certaines irrégularités.

 

Sous le capot


Les motorisations de la Classe A ont été, pour la plupart, reprises. Ce qui permet à Infiniti de proposer une gamme complète. Le premier bloc repris est le 1.5 Diesel de 109 ch d'origine Renault proposé en entrée de gamme. La performance est correcte, la consommation aussi (6,2l/100km), mais le manque de vigueur ne peut qu’agacer en deçà des 2.000 tr/min. Il a par la suite le Diesel haut de gamme de 170 chevaux et de 2,1 litres ; il a l’avantage d’être plus discret que celui qui se trouve sous le capot de la Classe A. Le confort acoustique apporté est dû à un dispositif de compensation de bruits par haut-parleurs et à une gestion de la boîte mécanique à double embrayage basé sur le patinage. Ce diesel est toutefois plus énergivore (7,2l/100 km).

Il y a enfin le 2.0 turbo essence de 211 chevaux ; il n’est vraiment pas digne du tempérament sportif revendiqué aussi bien par Mercedes que par Infiniti. Cette version permet heureusement, comme les autres, de bénéficier d’un confort auditif bien meilleur que celui de la Classe A, mais légèrement inférieur à celui de l’Opel Astra.

 

Le prix du véhicule comme véritable handicap


En surpassant le modèle auquel il s’est inspiré, l’Infiniti a de quoi attirer des personnes en quête d’un nouveau compact haut de gamme. Le prix de la voiture devra cependant lui constituer un handicap. Certes, il n’a pas été aligné au système tarifaire de Mercedes avec la Classe A, mais il n’est vraiment pas différent de ceux des hautement renommées BMW Série 1 et Audi A3. Et les autres alternatives chics à ces derniers sont proposées à un tarif plus réduit, en ne citant que le Volvo V40, l’Alfa Romeo Giulietta, la DSA 4 et la Mini Clubman. Et elles bénéficient déjà d’un réseau plus grand en France et dans toute l’Europe.