Scandale de moteur truqué de Volkswagen : où en est-on ?

Volkswagen s’enfonce dans la crise après la découverte dans des véhicules américains d’un logiciel de truquage de moteurs diesel au mois de septembre dernier. La progression de l’enquête rend difficile de croire à une véritable « résurrection » du constructeur.

Pour en connaître les raisons, zoom sur les éléments que l’on connait actuellement cette affaire.
 

Une affaire en deux volets


La plupart des personnes ne le savent pas. Le scandale se présente sur deux volets. Le premier est celui qui a éclaté le 20 septembre dernier, suite à l’annonce par Volkswagen de l’existence d’un logiciel destiné à truquer les tests antipollution. Ce dernier évalue la quantité des oxydes d’azotes dans certains de ses véhicules circulant aux États-Unis. Cette annonce n’aurait pourtant pas été faite sans le constat d’anomalie effectué par l’International Council for Clean Transportation lors de la réalisation de tests sur certaines voitures diesel de marque allemande.

Lors de cette annonce, la marque allemande a souligné que le logiciel n’est présent que dans des véhicules équipés de petites motorisations diesels. Mais l’avancement de l’enquête semble aller dans le sens contraire. L’EPA, l’agence environnement américaine, n’a pas hésité de dire, au cours d’une intervention du 2 novembre dernier, que les moteurs puissants sont aussi concernés par le scandale. Volkswagen n’a pas tardé à faire un démenti.

La firme allemande a cependant ouvert le second volet du scandale en révélant des anomalies sur les niveaux d’émissions de dioxyde de carbone sur certains de ses véhicules par rapport à ceux communiqués sur les fiches techniques. Le quotidien allemand FAZ, qui est parvenu à mettre la main sur les documents internes du constructeur, a fourni récemment un exemple. La Golf BlueMotion rejette réellement 100 grammes de CO2 par kilomètres au lieu de 90. Le mode opératoire aurait été différent selon des employés de la firme allemande : augmentation de la pression des pneus, et mélange du diesel à de l’huile de moteur.

 

Concernant divers véhicules


Le premier volet du scandale concerne aussi bien des véhicules moyens de gamme que les haut de gamme. La première catégorie n’inclut que des automobiles ayant des moteurs diesel de type EA 189 de 1,2, de 1,6 ou de 2 litres. Celles-ci ne sont pas toutes signées Volkswagen. Certaines sont issues des cinq des marques du groupe, à savoir Audi, Seat, Skoda et les utilitaires VW. Elles sont au nombre de 11 millions dans le monde si l’on croit à des récentes déclarations du groupe allemand. La seconde catégorie est surtout touchée par l’accusation du mois de novembre de l’EPA. Elle devra inclure au minimum 10 000 voitures. Parmi ces dernières se trouveront des Volkswagen Touareg, des Audi Q5, des Audi Quatro et des Porsche Cayenne circulant ou en vente aux États-Unis. Un détail qui ne devrait sûrement pas échapper aux détracteurs Matthias Müller, l’actuel PDG du groupe, mais ancien haut dirigeant de la filiale haut de gamme Porsche et bras-droit de Martin Winterkorn.

Le second volet concerne 800 000 véhicules, dont 98 000 à moteurs essence selon un complément d’information reçu du ministère allemand aux Transports, des marques Volkswagen, Audi, Seat, et Skoda. Ces véhicules ne circulent ni aux USA, ni en Chine et ne font pas partie des 11 millions touchés par le premier volet.

 

Enquêtes et procédures


En ce qui concerne le volet azote, plusieurs enquêtes ont été déjà faites pour les véhicules moyens de gamme. L’une d’entre elles est réalisée en interne par le groupe allemand lui-même. Une autre est menée par l’EPA. N’oublions pas qu’une procédure pénale en lien avec cette affaire a été ouverte au pays de l’Oncle Sam. Des tests sont aussi en cours en Europe pour voir plus clair sur cette affaire. Une procédure de rappel des véhicules touchés a été annoncée par le nouveau PDG du groupe. Elle est prévue pour commence en janvier et se terminer en décembre 2016. Les propriétaires de ces véhicules seront joints par leur concessionnaire pour être renseignés des démarches à suivre.

Pour les véhicules haut de gamme du premier volet, la mesure ayant été prise par Volkswagen et sa filiale Audi est la suspension de la commercialisation de certains modèles diesel neufs ou de seconde main aux États-Unis.

Qu’en est-il du second volet ? La révélation de Volkswagen concernant des fraudes sur les tests en lien avec les émissions de CO2 est plus récente,. On ne connait donc que peu de choses là-dessus. Le groupe allemand affirme toutefois mener une enquête interne pour tenter de tout clarifier. Le gouvernement allemand et la Commission Européen lui ont sollicité plus de rapidité dans le traitement de ce dossier. Les Américains ont préféré se concentrer sur le premier volet, n’étant vraiment pas concernés par le second. Les Chinois ne sont pas ni dans le premier, ni dans le second. Les autres européens semblent vouloir attendre les résultats de l’enquête interne de Volkswagen pour s’impliquer dans le dossier des émissions de CO2.