Augmentation de part dans Renault : le Japon a exprimé son accord à l’Etat français

Carlos Ghosn a perdu une bataille de plus dans le feuilleton concernant le projet de l’Etat français d’augmenter sa part au sein de la firme Renault. Ce projet vient en effet d’obtenir l’aval prudent du Japon, si l’on croit à une récente publication de Reuters.

Un pouvoir accru pour le gouvernement français


L’Etat français cumule les victoires depuis le début de son bras de fer avec Carlos Ghosn, PDG de l’ensemble Renault-Nissan. Suite à un échange de lettres avec le ministère de l’économie japonais et à un récent voyage d’Emmanuel Macron dans ce pays en effet, il s’est fait accorder un droit d’augmenter sa part dans Renault. Par conséquent, il aura donc la possibilité d’accroître son influence au sein du groupe, et surtout d’obtenir, en vue du mois d’avril 2016, d’obtenir des droits de vote doubles. Il faut cependant le préciser, la montée en capital de l’Etat français au sein du groupe n’est encore que provisoire.

De nombreuses sources confirment cette nouvelle, selon Reuters. L’agence de presse a notamment cité une source française qui a parlé de l’existence des échanges entre les deux gouvernements depuis le début de ce dossier. Une autre source a même cité un Yoichi Miyazawa, ancien ministre japonais de l’Economie, qui considère l’initiative française comme conforme à la loi. Ces échanges n’étaient seulement pas faits par lettre, selon encore d’autres sources. Certains ont été réalisés au cours de la récente visite du Pays du Soleil Levant par Emmanuel Macron et le Premier ministre Manuel Valls.

 

Le Japon veut une relation de confiance


Le Japon se donne comme priorité le succès de l’ensemble renault-Nissan. Pour cela, l’ancien ministre Japonais de l’économie aurait insisté, dans l’une de ses lettres émises à Emmanuel Macron, sur la nécessité de l’existence d’une relation de confiance entre les deux gouvernements. Il n’a pas manqué également de préciser que cette montée en valeur n’est que temporaire. Une manière donc de dire que ce privilège peut être retiré à tout moment lorsque l’Etat français ne sait pas montrer qu’il est vraiment digne de confiance. La revente ou non des 14 millions d’actions obtenues en avril par la France conditionne sûrement l’échéance. Le gouvernement national en est conscient. Ce qui l’a poussé à démarrer récemment le processus lié à ce projet. Espérons que ce dernier puisse faire oublier les 20% des pertes en Bourse sur la valeur de Renault suite à l’adoption des droits de vote doubles au mois d’avril dernier.

On ne peut cependant écarter le climat ambiant de méfiance entre les deux gouvernements. Le gouvernement français voit de l’injustice dans le fait que Nissan cumule les deux tiers des ventes du consortium. La raison ? Le constructeur nippon était au bord de la faillite avant l’établissement du partenariat avec le français Renault. Il lui semble cependant injuste de n’avoir que 15% de son partenaire français et d’être détenu par celui-ci à hauteur de 43,4%.

 

Carlos Ghosn souhaite un rapport plus équilibré


Le PDG du consortium est contre une séparation des deux entités qui le composent, malgré certaines affirmations. Ce qui l’a même poussé à engager un bras de fer avec l’Etat français en ce qui concerne les droits de vote double. Le dirigeant n’est cependant pas allé vers la solution extrême redoutée de la presse, celle de la réduction de la part de Renault Nissan, mais il n’écarte pas l’hypothèse d’y recourir prochainement, surtout dans un contexte marqué par des pourparlers entre les deux constructeurs concernant l’évolution du partenariat. Cette réduction devrait en effet préserver l’équilibre de l’alliance, la priorité des priorités pour Carlos Ghosn. Comme le gouvernement japonais, ce dernier souhaite une solution qui permet à chaque partie de se faire entièrement confiance. Il l’a exprimé clairement à Francfort, lors d’un dîner qui y a été organisé, durant le salon.