Emmanuel Macron rappelle à l’ordre le patron de Renault

Le ministre Emmanuel Macron insiste qu’il rejette catégoriquement l’idée de revenir sur l’accord signé en 2002. Il n’a pas manqué de faire un rappel à l’ordre à l’endroit de Carlos Ghosn, PDG de Renault.

La tension monte entre l’Etat et Renault


Emmanuel Macron a insisté le jeudi 29 octobre 2015 que la priorité n’est pas de changer la gouvernance, mais de se focaliser sur le succès industriel du groupe. Il a affirmé que l’important maintenant c’est de « réussir la course aux volumes et à l’innovation ». En adoptant un ton très ferme, il indique que toute fusion entre les deux constructeurs est non-envisageable. La tension monte donc entre l’Etat et Renault. Ce bras de fer s’est intensifié de jour en jour depuis le début du mois de novembre 2015, période durant laquelle la presse a mentionné l’intention de Nissan de peser trois fois plus en termes de capitalisation par rapport à son partenaire français afin de « neutraliser » l’influence indéniable de l’Etat français.

Selon le ministre, l’accord de 2002 « définit parfaitement les relations entre Renault et Nissan ». En effet, les deux constructeurs sont liés par des participations croisées. Renault détient 43,4 % de Nissan, et le japonais 15 % du français. Cependant, au titre de règles sur « l’autocontrôle », les parts du constructeur nippon ne lui attribuent pas de droit de vote à l’assemblée générale des actionnaires de Renault. Aux termes du code du commerce français, une société en contrôle une autre lorsqu’elle détient au moins 40 % de ses parts. Depuis la montée de l’Etat dans le capital de Renault, les tensions entre l’Etat et le Patron avaient déjà atteint son pic en avril 2015 avant l’assemblée générale du groupe. Mais selon Macron cette situation n’est que temporaire. Le gouvernement détient 15 à 19,7 % du capital de l’ex-Régie afin d’imposer l’application de la « loi Florange » qui confère aux actionnaires de longue date des droits de vote double. D’après ses dires, « L’Etat n’est pas un actionnaire naïf, de seconde catégorie. L’Etat est un investisseur de long terme, exigeant ».

 

Le bras de fer tourne autour de la place de Nissan


Ces derniers temps, les rumeurs ont circulé sur un projet de rééquilibrage comme quoi Renault passera sous la barre des 40 % de Nissan, dans le but de libérer les droits de vote de Nissan chez Renault. On entend même dire que le japonais monte au capital du constructeur français pour opposer l’influence renforcée de l’Etat. Le projet est rejeté par M. Macron. Le cabinet d’analystes Invest Securities a révélé que la valeur de Nissan en termes de capitalisation boursière est actuellement 42 milliards d’euros, contre 17,6 milliards pour la firme française, bien que le japonais n’ait pas de voix au chapitre chez Renault. Monsieur Macron a parlé de la participation de Renault dans Nissan, en disant que « c’est un sujet d’actionnaire qui ne relève pas d’un comité exécutif et qui ne saurait être prisonnier des problèmes d’ego… ». Il a même ajouté que ceux qui ont l’intention de procéder à un rééquilibrage des pouvoirs avec un projet caché prennent le risque de détruire l’alliance déjà en place. Le ministre a fait remarquer que Carlos Ghosn est le PDG du groupe, mais non un actionnaire. Selon son expression : « …Quand les uns veulent faire le métier des autres, cela ne donne jamais de bons résultats ».