En Russie, Renault est touchée de plein fouet

Une véritable catastrophe. La vente automobile de Renault en Russie traverse une crise inquiétante et recule de 37%. Même la marque russe Avtovaz a régressé de 30%. De quoi alarmer les constructeurs.

Le marché automobile russe en quelques chiffres


Sur 10 mois, le marché de l’automobile russe a encore chuté de 33,6% sur dix mois à 1,32 millions de voitures et de 38,5% en Octobre 2015 ; chiffres révélés par AEB ou Association Européenne des Affaires. De quoi inquiéter Avtovaz, Renault et son allié Nissan, trois marques détenant le tiers du marché local. En effet, le constructeur Renault n’a pu résister à cette perturbation comme elle l’a toujours fait auparavant. Elle a chuté de 37% sur 10 mois à 98 143 unités et de 35% le mois d’octobre 2015. La marque française a pourtant été le premier constructeur automobile à produire en Russie en 2005 avec sa Logan. De son côté, le numéro un russe Avtovaz a aussi baissé de 30% sur les 10 premiers mois avec 224 054 exemplaires et de 45% sur le mois d’octobre 2015.

 

Le marché russe sanctionné par l’Occident


Selon l’AEB, le marché de 2015 pourrait avoisiner les 1,55 million d’exemplaires, ce qui équivaut à un recule de 36%, comparé à 2014. Le PDG de l’alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a clairement indiqué que ce chiffre est à moitié inférieur par rapport à la période d’avant crise. Le fait que le russe Avtovaz exporte peu montre déjà qu’il souffre profondément de cette dégradation. La raison en est plus politique que technique. En fait, l’économie russe vit mal les sanctions infligées par l’occident contre sa politique en Ukraine. La valeur du rouble tombe ainsi de plein fouet et les prix des matières premières diminuent, de même que les revenus du pays. De plus, la Russie demeure dépendante des exportations énergétiques qui représentent les 2/3 de ses ventes à l’étranger. Selon la prévision du cabinet IHS automotive, le PNB du pays devrait fléchir de 3,8% en 2015 et de 0,6% en 2016. Le patron Carlos Ghosn croit toutefois que ce marché russe peut reprendre l’essor très rapidement. Il estime que la marque au losange est bien placée pour prendre les choses en main. Renault a pris le contrôle en 2008 d'Avtovaz. Puis, il est devenu l’actionnaire majoritaire avec son allié Nissan le 18 juin 2015, avec plus 50%.

 

Renault n’abandonnerait pas


Suite à cette situation assez risquée, bon nombre de constructeurs ont déjà émis leurs décisions de quitter le marché russe. Pourtant, Renault, quant à elle, a clairement indiqué que l’alliance n’a pas l’intention de se retirer. Au contraire, Carlos Ghosn a montré sa volonté de soutenir Avtovaz dont il est aussi le président du conseil d’administration. Le producteur des Lada envisage de commercialiser 325.000 exemplaires sur le marché russe sur l’année 2015, s’ils étaient près d’un demi-million en 2009. Evidemment, le grand site d’Avtovaz à Togliatti, au sud de Moscou produit ses propres véhicules, mais à part cela elle fabrique également des voitures pour Renault et Nissan. Il assemble désormais des Sandero II et des Logan II. La marque au losange dispose ainsi d’un potentiel de 150.000 exemplaires annuels à Togliatti, à part les 180.000 unités produites à Moscou, un site que Renault possède en propre et qui fabrique notamment du 4x4 Duster. Actuellement, Togliatti fonctionne bien à 70% de ses capacités, confirme Bo Andersson, le directeur général du site Automotive News Europe.

L’usine de Togliatti a été construite dans les années 60. Grâce à sa superficie, elle est reconnue comme la plus grande du monde avec 110 000 d’employés en 2008. Il fut un temps où elle a souffert d’une image négative pour la qualité de ses productions. Mais depuis que les techniciens et ingénieurs de Renault lui ont apporté un appui technique, elle est devenue un site de production ultra-moderne. Conjointement, la qualité de ses fabrications comme sa compétitivité évolue nettement. Malgré l’effondrement des ventes d'automobiles, le russe Avtovaz a réduit ses pertes. Elles se sont élevées sur les 10 premiers mois de l'année 2015 à 45 millions €, ce qui représente 30% de moins qu'en 2014. Son chiffre d'affaires a même connu une hausse de 1,3% à 91,9 milliards de roubles, soit près 1,2 milliard€, mais sa perte d'exploitation a avancé de 18% à 5,2 milliards de roubles, équivaut à 69 millions€.