Renault Clio Trophy 220 contre Secma F16 ?

Vu les règles de conduite imposées par le Gouvernement via les radars implantés par ci et par là en plus des autres dispositifs de contrôle, on ne pensait pas que quelqu’un puisse encore profiter du plaisir de conduire au volant de sa voiture.

C’est ne pas connaître suffisamment les constructeurs français ; ceux-ci n’hésitent pas à concevoir des bolides encore plus performants dans le respect de la législation en vigueur. Deux de ces voitures attirent notamment l’attention, la Renault Clio Trophy 220 et la Secma F16, deux espèces en voie de disparition.
 

La Clio Trophy 220


Sans aucun doute, la Renault Sport est l’un des derniers précurseurs de ce plaisir de conduite inégalable. En effet, malgré le fait que les Anglais sont exigeants, il suffit de voir le marché britannique, un adepte de petites voitures de sport accaparant presque le tiers de la production de ce modèle. Pourtant, la mutation du constructeur vers le turbo et la boîte mécanique à double embrayage a déçu plus d’un fanatique de la marque. C’est la raison pour laquelle, le constructeur tente de reconquérir une grande partie de sa clientèle en présentant la Trophy 220. Cette dernière tient son nom de ses 220 chevaux, soit 20 chevaux de plus que la version standard. En outre, elle dispose d’une boîte révisée offrant des passages de rapports plus rapides.

 

La Secma F16


Plus discret, Secma est un petit constructeur automobile implanté dans le Nord-Pas-de-Calais, précisément à Aniche. Il se spécialise dans les modèles insolites, dont le F16, un petit roadster ou une sorte de cabriolet sans toit, sans portières ni coffre. Fabriqué manuellement avec des châssis soudés et conçus à partir de tubes de métal élaborés sur place, c’est un véhicule performant en raison de son poids léger. Effectivement, il ne pèse pas plus de 560 kg et fait du 0 à 100 km/ h en 5,9 secondes seulement. Comparé à la Clio, il fait donc mieux avec 0,7 secondes en dépit de son petit moteur. En fait, celui-ci de quatre-cylindres 1.6 atmosphériques d’origine Renault de 105 chevaux a équipé la plupart de la gamme Dacia.

 

La Trophy, une R.S. révisée


Ces deux voitures de sport radical n’ont donc rien en commun. Même plus grosse que la F16, la Clio Trophy 220 ne se différencie pas trop de la RS Standard avec ses jantes à finition diamantée et ses autocollants posés par-ci et par-là. Le modèle que nous avons eu le plaisir de tester dispose notamment d’une peinture Givre Nacré mat à toit noir, disponible en option à partir de 1 800 euros. Quant au reste, on a les cinq portes et cinq places classiques en plus d’un coffre de 300 litres. Dans l’habitacle, la finition se classe dans la moyenne basse du segment et elle comporte quelques défauts pour un modèle de voiture vendu pourtant à 28 900 euros. L’un d’eux est le système audio Bass Reflex dont le son laisse à désirer. Ce tarif de la voiture n’inclut pas non plus de lecteur CD. En outre, en roulant à une vitesse normale sur l’autoroute, on est contraint de supporter ses bruits aérodynamiques particulièrement perturbants.

 

La Secma F16, une voiture dépouillée


Par ailleurs, la Secma F16 n’est pas confortable pour son conducteur. Les portes et les coffres ne sont disponibles qu’en option, sinon elles n’en sont pas dotées. Toutefois, le modèle se rattrape sur la qualité de fabrication artisanale et son tarif de 18 300 euros, minime par rapport à ses performances. Effectivement, on sait déjà que son but est de pouvoir rouler encore plus vite, raison pour laquelle elle s’est séparée des autres éléments de son habitacle. Si certains propriétaires l’utilisent toujours pour aller au travail, ils doivent se contenter du strict minimum comme le chauffage par exemple.

 

La Renault Trophy, une voiture moderne


Pour sa part, sur route la Clio R.S Trophy n’est qu’une Clio R.S révisée. Concrètement, ses 20 chevaux supplémentaires ne se font pas particulièrement sentir quand on appuie sur l’accélérateur. Toutefois, ses performances satisfont plus d’un à l’instar de son moteur quelque peu linéaire. Le seul hic : il consomme un peu plus que la normale, soit 9 litres aux 100 en moyenne, une consommation pouvant aller jusqu’à 13 l/100 km en ville. Le modèle fait donc un peu mieux que le précédent avec ses 2.0 atmosphérique.

Son avantage concret réside dans sa boîte à double embrayage qui confère un plus grand confort de conduite. Dorénavant, une simple pression sur la palette suffit pour obtenir un passage immédiat. C’est un peu dommage, car il est nécessaire de choisir le mode Race afin de ne pas voir le rapport supérieur s’enclencher automatiquement à l’abord de la zone rouge.

Un autre point positif : la qualité de ses pneus, de la marque Michelin Pilot Super Sport, ils sont adhérents et progressifs. Toutefois, ils ne font pas le poids, car n’arrivent pas à remédier au manque de réaction du volant. En effet, sa direction se trouve trop isolée de la route et il faut faire attention si on veut atteindre en toute tranquillité les limites du véhicule. Pourtant, ces pneus adhèrent bien malgré le fait qu’il faut toujours surveiller le train arrière lors d’une courbe rapide, parce que celui-ci n’est pas bien équilibré, obligeant le conducteur à donner des coups de volant fréquents. Par rapport à la Ford Fiesta ST qui reste particulièrement stable en dépit de sa mobilité ou à la Peugeot 208 GTi, il est tout à fait regrettable que le constructeur au losange n’ait pas pensé à mettre en avant le plaisir de conduite dans ce modèle le plus perfectionné de la gamme.

A l’instar de la R.S standard, la Clio Trophy garde encore son origine : une voiture de sport pour les adeptes de la haute technologie. Effectivement, sa boîte à double embrayage et son R.S Monitor optionnel qui se monnaie à 250 euros permettent d’enregistrer ses données en conduite sur circuit. C’est un avantage considérable, mais qui délaisse les qualités fondamentales de son genre.

 

La Secma F16, une voiture toute simple


Dans le sens contraire, la Secma F16 n’a rien à voir avec tous ces gadgets de la haute technologie. Son seul souci est de pouvoir se mettre en harmonie avec la route. Néanmoins, elle doit régler un petit problème ergonomique sur son pédalier. En fait, la pédale de frein se trouve au même niveau que celle de l’accélérateur, donc l’exercice du talon-pointe devient difficile. De plus, sa chaise est trop profonde et oblige ainsi le conducteur à adopter une position de conduite relativement allongée. En fait, cela ne devrait pas créer de problème si le plancher n’était pas glissant et lisse. Ainsi, les talons dérapent souvent, et il est donc difficile de doser le frein ou l’accélérateur. La mise en place d’un tapis en caoutchouc peut être la solution.

Quoi qu’il en soit, la Secma F16 assume bien son rôle par rapport à la Clio R.S. Trophy. Elle est légère et elle donne le meilleur d’elle -même. Le couple obtenu à tous les régimes réduit l’usage du levier de vitesse. Sa direction à la fois directe et informative est tout simplement parfaite. De plus, son châssis est bien équilibré et agile même si les employés de la Secma nous informent qu’il faut quand même faire attention et ne pas forcer la limite pour éviter un tête-à-queue.

Comparaison faite, on peut conclure qu’on ne débourse pas beaucoup pour s’offrir un plaisir de conduite inégalable. Une fois que le défaut du pédalier est corrigé, la Secma F16 peut se vanter d’être une voiture de vitesse exceptionnelle. Son pilotage nécessite toutefois quelques notions de conduite pour être impeccable.