Renault croit en son Talisman

Renault fait une belle montée avec l’arrivée de sa grande berline baptisée « Talisman ». Sans innover grand-chose au niveau stylistique, la marque se montre prête à gagner davantage en notoriété.

L’esthétique se montre plus homogène


Renault a toujours affiché la volonté d’apporter une touche personnelle à ses nouveaux modèles. Mais à voir l’allure de sa grande Talisman, la marque semble manifester un goût pour le modèle tricorps avec une silhouette basse au style un peu germanique. Il s’agit d’une limousine à part entière avec toute une panoplie d’assistance électronique, sans parler de l’intérieur soigneusement vêtu de cuir et de chrome. En examinant bien, on remarquera les caractéristiques du sacro-saint ratio de l’Audi : des surfaces lisses dont 1/3 vitrée et 2/3 tôlée. Privée d’angles trop proéminents, elle se montre homogène. Talisman exploite tout ce qui est en son pouvoir pour séduire avec un long capot, un profil abaissé et un coffre volumineux de 608 litres. Globalement, dans cette catégorie des grandes berlines, l’audace conceptuelle n’est pas de rigueur, notamment lorsqu’elle est inspirée des modèles étrangers, et la marque en a souvent payé les frais.

 

La mission de Talisman


Dans ce sens, la Talisman a pour mission de restaurer l’image et la crédibilité de Renault dans la catégorie des premiums classiques, auprès des cadres supérieurs et des séniors aisés. A quelques mois après le lancement de la 5ème génération de l’Espace, le produit a été soigneusement étudié pour donner naissance à une berline homogène. L’évolution de notre Talisman par rapport aux « Latitude » et « Laguna » est alors assez remarquable. Par ailleurs, l’insonorisation est admirable et le sentiment de confort qu’elle procure est tout à fait surprenant. Seul petit bémol, les suspensions paraissent trop souples lorsqu’elles sont classées en mode « confort ». Renault a toutefois dû affronter quelques difficultés: les moteurs répondent à une bonne partie des attentes en France, alors qu’en Europe du Nord, on s’apercevra que plusieurs Talisman sont sous motorisés. Par ailleurs, aucune version avec transmission intégrale n’est encore disponible. Le moteur est à 1,6 litre développant 110 à 160 chevaux en version diesel et 150 ou 200 chevaux, en version essence. Ce nouveau modèle fait tout pour se démarquer en utilisant sa technologie 4 roues directrices disponibles en option. En fonction de la vitesse de roulement, les roues arrière braquent jusqu’à 3,5 degrés dans la même direction ou en sens opposé que les roues avant. Ainsi, le véhicule se montre plus agile en ville, sur la route et dans les virages serrés.

 

Prête à rivaliser avec ses concurrents


Au volant, la conduite est agréable, car le système des 4 roues directrices est appuyé par un amortissement piloté, afin de permettre au conducteur de programmer le comportement de son véhicule selon le mode confort ou le mode sportif. En fonction du choix, le système procède au dosage des suspensions, de l’angle des roues arrière, sur la direction, la réactivité du moteur et de la boîte de vitesse automatique à double embrayage. Le tarif de cette Renault est compris entre 27 900 et 41 000 €. A ce point-là, Renault n’a pas l’intention de rivaliser avec Mercedes, BMW ou Audi. En effet, ses principaux concurrents sont les autres modèles leaders comme la Peugeot 508, l’Opel Insignia, la Ford Mondeo, la Skoda Superb et évidemment la Volkswagen Passat qui pourrait encore souffrir de l’affaire de trucage. A voir l’allure de notre Talisman, il paraît que la terre promise est cette fois-ci l’Asie, mais pas l’Europe. D’ailleurs, les lignes caractéristiques et le volume respectable de 4,85 m, le vaste coffre et la générosité de l’espace aux places arrière laisse croire inévitablement à un modèle particulièrement destiné à la Chine, où la marque vient juste de faire ses premiers pas.